jeudi, mars 20, 2008

Arc-en-ciel/ René dépestre

Il n'y a de salut pour l'homme
Que dans un grand éblouissement
De l'homme par l'homme je l'affirme
Moi un nègre inconnu dans la foule
Moi un brin d'herbe solitaire
Et sauvage je le crie à mon siècle
Il n'y aura de joie pour l'homme
Que dans un pur rayonnement
De l'homme par l'homme un fier
Élan de l'homme vers son destin
Qui est de briller très haut
Avec l'étoile de tous les hommes
Je le crie moi que la calomnie
Au bec de lièvre a placé
Au dernier rang des bêtes de proie
Moi vers qui toujours le mensonge
Braque ses griffes empoisonnées
Moi que la médiocrité poursuit
Nuit et jour à pas de sanglier
Moi que la haine dans les rues
Du monde montre souvent du doigt
J'avance berger de mes révoltes
J'avance à grands pas de diamant
Je serre sur mon cœur blessé
Une foi si humaine que souvent
La nuit ses cris me réveillent
Comme un nouveau-né à qui il faut
Donner du lait et des chansons
Et tendrement la nuit je berce
Mon Hélène ma foi douce ma vie tombe
En eaux de printemps sur son corps
Je berce la dignité humaine
Et lui donne le rythme des pluies
Qui tombaient dans mes nuits d'enfant
J'avance porteur d'une foi
Insulaire et barbue bêcheur
D'une foi indomptable indomptée
Non un grand poème à genoux
Sur la dalle de la douleur
Mais une petite lampe haïtienne
Qui essuie en riant ses larmes
Et d'un seul coup d'ailes s'élève
Pour être à tout jamais un homme
Jusqu'aux confins du ciel debout
Et libre dans la verte innocence De tous les hommes ! Occident chrétien mon frère terrible
Mon signe de croix le voici :
Au nom de la révolte
Et de la justice
Et de la tendresse Ainsi soit-il !

La Havane, décembre 1964 - juin 1965. extrait de "Un arc-en-ciel pour l'occident chrétien"
Pour faire connaître ce magnifique poète haïtien, avec une pensée particulière pour Hassan.


Minerai noir


Quand la sueur de l'Indien se trouva brusquement tarie par le soleil
Quand la frénésie de l'or draina au marché la dernière goutte de sang indien
De sorte qu'il ne resta plus un seul Indien aux alentours des mines d'or
On se tourna vers le fleuve musculaire de l'Afrique
Pour assurer la relève du désespoir
Alors commença la ruée vers l'inépuisable
Trésorerie de la chair noire
Alors commença la bousculade échevelée
Vers le rayonnant midi du corps noir
Et toute la terre retentit du vacarme des pioches
Dans l'épaisseur du minerai noir
Et tout juste si des chimistes ne pensèrent
Au moyen d'obtenir quelque alliage précieux
Avec le métal noir tout juste si des dames ne
Rêvèrent d'une batterie de cuisine
En nègre du Sénégal d'un service à thé
En massif négrillon des Antilles
Tout juste si quelque curé
Ne promit à sa paroisse
Une cloche coulée dans la sonorité du sang noir
Ou encore si un brave Père Noël ne songea
Pour sa visite annuelle
À des petits soldats de plomb noir
Ou si quelque vaillant capitaine
Ne tailla son épée dans l'ébène minéral
Toute la terre retentit de la secousse des foreuses
Dans les entrailles de ma race
Dans le gisement musculaire de l'homme noir
Voilà de nombreux siècles que dure l'extraction
Des merveilles de cette race
Ô couches métalliques de mon peuple
Minerai inépuisable de rosée humaine
Combien de pirates ont exploré de leurs armes
Les profondeurs obscures de ta chair
Combien de flibustiers se sont frayé leur chemin
À travers la riche végétation des clartés de ton corps
Jonchant tes années de tiges mortes
Et de flaques de larmes
Peuple dévalisé peuple de fond en comble retourné
Comme une terre en labours
Peuple défriché pour l'enrichissement
Des grandes foires du monde
Mûris ton grisou dans le secret de ta nuit corporelle
Nul n'osera plus couler des canons et des pièces d'or
Dans le noir métal de ta colère en crues.


René Depestre (1956)



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In poétiquement vôtre.

mardi, mars 18, 2008

Je me confesse ... amour

Des cendres froides de ma honte
Je reviens mon amour
Car raison tu l'as bien
Rien d'amour au dehors
Ne pouvant tout porter
Pour prouver mes déboires
Je remets dans tes paumes
Ce coeur tout refroidi
Dans l'espoir que mon sort
Connaitra ta pitié
Me voici ma chérie
Pour mon absolution
Tu es bien l'ultime pôle
Pour ce moi trop bohème
Un sein bourré de lait
Pour ce gourmant déÇu
Tu es la voix sincère
Qui se répand aux sourds
La délivrance certaine
Pour des gamins troublés
Je viens me confesser
Sous l'ombre de ta chaude robe
Afins que mes lendemains
Me soient plus souriants
Dis-moi encore tes mots
Qui me berÇaient jadis
Ces teintes qui sans couleur
Colorent l'amour en rose
Je veux que tu oublies
Ce simple malentendu
Ce tout petit de rien
Qui pense troubler l'amour

Frantz Le beau

lundi, mars 17, 2008

Tu as raison

Des cendres froids de ma honte
Je reviens mon amour
Car raison tu l'as bien
Rien d'amour au dehors
Ne pouvant tout porter
Pour prouver mes déboires
Je remets sous tes feux
Ce coeur endolori
Dans l'espoir que ta paix
Saura bien lui donner
L'aliment nécessaire
Pour son refonctionnement
Tu es bien l'ultime pôle
Pour les soleils bohèmes
Un sein bourré de lait
Pour les gourmants trahis
Je viens tout confesser
Pour recouvrer mon âme
Afins que mes lendemains
Me soient plus souriants
Dis-moi encore tes mots
Qui me berÇaient jadis
Ces ors qui sans couleurs
Colorent l'amour en rose
Je veux que tu oublies
Ces heures longtemps passées
Ce tout petit de rien
Qui pense troubler l'amour

Frantz Le beau

dimanche, mars 16, 2008

J'attends ...

Par la fenêtre
Belle lurette je me tiens
Attendant ton retour
Parce que
Quelqu'un me disait tout à l'heure
Que tu étais passée
Emportant avec toi
Et le soleil qui souriait
Et les roses qui respiraient
Et les oiseaux qui chantonnaient
J'attends juste pour voir
Comment sera ma nuit
Quand je sais qu'un simple cillement de ta part
Suffit pour faire accéder
Au ciel le plus profond des cieux
J'attends à que ce ma vie change complètement
A l'aide d'un sourire
Provenant de ton coeur radieux.

Frantz Le beau

dimanche, avril 22, 2007

L'enfant prodigue

Non manman
Ouvre-toi

Je suis plus
Rien d'autre encore

Plus rien d'autre
Que ce ruisseau
S'approchant
Timidement
Jusque vers
Les eaux feeriques
De ta mer claire, limpide, et douce

Oui

Ce rayon brumeux, pale, et frele
S'avancant honteusement
Jusque vers les velours
Du soleil de ton sourire
O combien attirant !

Cet oiseau volatile
Vagabond, et stupide
Dont le coeur chagrine
Cherche a toucher
Le bleu d'indigo
Du firmament de ton ciel d'amour

Ce gamin contemplant soigneusement
La splendeur de ton jardin
Fleuri de cedres, d'enfants, et de violettes

Manm, je suis plus rien d'autre encore
Plus rien d'autre
Que cette plaie qui attend impatiemment
Le pansement de ta main
Berceuse, gracieuse, et guerisseuse

Ton enfant cheri
Qui laisse tout derriere lui
Pour venir te dire bonne manman .

Frantz le beau

lundi, avril 02, 2007

Merci

Oui
Vraiment
J'ai tout
Constate
Sur le port

J'ai bien vu
La mer
Les bateaux
Les chiens
Et les ombres .

Frantz Le beau